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Le 27/03/2009 à 08:08:05
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Quand Gédéon s’était faufilé dans la ferme, Praline était à sa fenêtre en train de guetter des étoiles filantes. En apercevant une ombre, elle avait cru que Dolly rentrait déjà se coucher. Mais cette silhouette était trop ramassée sur elle-même pour appartenir à son amie. De plus, elle dégageait de mauvaises ondes. Sans hésiter, la jeune fille s’était laissée glisser le long de la gouttière pour en avoir le cœur net. Légère comme une plume, elle s’était approchée de la grange et médusée, elle avait reconnu le fils Gédublé qui espionnait le couple d’amoureux. Elle l’avait vu s’éloigner et le rictus de haine qu’il affichait l’avait terriblement impressionnée. Prise d’un affreux pressentiment, elle avait décidé de le suivre. Elle n’avait pas le temps de prévenir qui que ce soit et ne voulait pas quitter un instant des yeux ce sale type. « De toute façon, c’est mieux ainsi » pensa-t-elle « Seule, je ne fais aucun bruit ». Pleine d’appréhension mais déterminée, elle l’avait donc suivi dans la nuit noire. Quand Gédéon avait poussé Mortimer pour rentrer, ni l’un ni l’autre n’avait prêté attention à la porte d’entrée restée entr’ouverte. Courageusement, Praline s’était introduite dans le manoir et s’était dissimulée derrière l’énorme plante verte qui trônait dans le vestibule. De là, elle avait pu entendre toute la conversation des deux hommes. Tant de méchanceté l’épouvantait ! Quand ils se mirent à boire, elle comprit qu’elle n’en apprendrait pas plus. Il était grand temps de regagner sa maison. Tout se bousculait dans sa tête. Que devait-elle faire ? Son premier réflexe fut de tout révéler à son frère et à Jean. Mais le souvenir de la bagarre du troquet lui revint en mémoire. « Ca va finir en bain de sang s’ils s’affrontent...» S’adresser à son père serait normal car cela concernait sa ferme après tout. Mais pourquoi lui rajouter ce tracas supplémentaire ? Devait-elle en parler avec Dolly ? Non elle n’avait pas envie de gâcher le bonheur tout neuf de ces beaux amoureux. Sa décision fut prise : elle, Praline, pouvait bien se rendre utile et empêcher cette catastrophe ! Tout le monde la traitait encore comme une gamine. « Ils vont voir de quoi la Pitchoune est capable ! » se promit-elle.

 

Quand elle se glissa sous son édredon, elle ne trouva pas le sommeil. Elle devait réfléchir très sérieusement. Il y avait des vies en jeu, et des vies qui lui étaient très chères. « Je ne peux pas affronter ces criminels de face, je n’aurais pas le dessus… non, je dois ruser et me montrer plus maligne qu’eux… » Puis, elle prit enfin sa décision : « à partir de demain soir, je monte la garde autour de la grange et au moindre mouvement suspect, je donne l’alarme. Je prendrai la vieille cloche fêlée de Marguerite et l’utiliserai comme un tocsin. » Soulagée d’avoir un plan, elle finit par s’endormir tout en marmonnant : « Tu ne gagneras pas Gédéon ! » Son sommeil ne fut qu’une longue suite de cauchemars…

 

 

Dans le prochain épisode : nuit d’épouvante…

 



Le 13/03/2009 à 08:45:59
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

 

Gédéon quittât la ferme aussi prudemment qu’à son arrivée. Cet effort lui coûtait beaucoup car il n’avait qu’une envie : tout détruire sur son passage. Sa haine envers Phoebus le submergeait. « J’aurai sa peau ! » se promît-il.

D’abord bien décidé à avertir ses parents qu’il avait retrouvé Gwendoline, il se ravisât. « Je veux régler ça à ma manière ! » Il alla donc directement chez Mortimer qui dépérissait depuis la disparition de sa promise. Il frappa bruyamment à la porte du manoir. Son ami vint lui ouvrir, vêtu d’un pyjama aux couleurs flamboyantes, coiffé d’un bonnet de nuit orange à pompon. Quiconque aurait aperçu cet accoutrement se serait tordu de rire mais Gédéon avait trop de colère en lui pour ne serait-ce qu’un sourire. Il poussa sans ménagement le châtelain et lui lança en se dirigeant vers le salon :

- « Apporte deux verres et une bouteille de gnôle ! J’en ai grand besoin et tu ne vas pas tarder à m’imiter quand tu sauras la nouvelle ! »

- « Ecoute », se lamenta Mort « il est bien tard et je n’ai pas envie de trinquer ».

- « J’ai du nouveau au sujet de ma sœur. »

- « Oh ma Gwendoline est revenue chez tes parents, c’est ça ? » dit Mort tout excité.

- « Non, mais je sais où elle se cache ! »

- « Dis-moi vite où elle est ! Oh je veux aller chercher ma princesse maintenant. Je cours enfiler mes plus beaux vêtements. »

- « Elle est chez les Pochetrouhais ».

- « Mais que fait-elle dans ce trou à rats ? Cette cabane n’est pas digne d’elle. Elle serait bien mieux dans mon manoir, couchée dans une confortable chamb… »

Gédéon laissa alors sa colère exploser :

- « Mais bon sang, tu vas te taire un peu, vieux moulin à paroles ! Elle est chez les Pochetrouhais, oui, mais en plus elle file le parfait amour avec le bellâtre ! Je les ai vus s’embrasser… »

- « Quoi ? » glapit Mort, « Mais il n’a pas le droit, c’est MA fiancée ! » Puis il se mit à gémir :

- « Ma belle Gwendoline dans les bras de ce rustre, ce n’est pas possible. Je suis sûr qu’il l’a forcée. » Puis il se prit la tête entre les mains et l’agita plusieurs fois de gauche à droite tout en psalmodiant :

- « Non, non, non ! C’est ma fiancée à moi, pas la sienne. Il n’avait pas le droit de faire ça… »

- « Arrête un peu ta comédie, Mort’ » répliqua son compagnon très agacé. « Ce n’est pas en pleurnichant comme une vieille femme que tu vas la faire revenir. Car tu veux toujours la récupérer ? »

Mortimer s’essuya les yeux sur le revers de sa manche et déclara d’une voix plus ferme :

- « Oui, elle deviendra ma femme ou je ne m’appelle plus Mortimer de la Hautecolline ! »

- « A la bonne heure, revoilà mon bon vieux Mort’ ! Tu vas voir, on va lui faire regretter d’être né à ce bellâtre. Voilà mon plan : Le soir de la fête au village, j’ai rencontré un type dans la ruelle et je lui ai passé une très grosse commande de bombes. Je voulais m’amuser à en balancer un peu partout dans les étables. Mais j’ai changé d’avis. Je vais me servir de ces cinquante jolies petites bombes pour faire partir en éclat la ferme Pochetrouhais et tous ses habitants avec si possible !! Il faut qu’on s’arrange pour piéger le blondinet et le ligoter dans l’étable. Héhéhé, môsieur Phoebus a eu le coup de foudre ? Maintenant, il va avoir le coup de grâce… »

Gédéon remplit deux verres d’eau-de-vie de prune, en tendit un à son complice, leva le sien et porta un toast :

- « A la mauvaise santé de Phoebus, l’affreux gugusse !! »

- « Oh oui » renchérit Mort ravi, « et au retour de ma belle Gwendoline ! »

Et ils passèrent la nuit à vider cette bouteille et plusieurs autres…

Tout à leur soif de vengeance et d’alcool, ils n’avaient pas remarqué la présence de Praline, cachée dans le vestibule.

 

Dans le prochain épisode : Praline prend de gros risques…

 



Le 27/02/2009 à 09:25:13
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Chapitre 6 : un automne pas monotone…

 

Jean et Praline furent mis dans le secret. Jean asséna une grande claque dans le dos de son cousin et lui dit en éclatant de rire :

- « Finalement, ta nuit dans la grange n’a pas dû être si désagréable !! Et bien, nous voilà tous les deux pris au piège de l’amour. Bah, y a pire comme situation…»

Praline, elle, sauta carrément de joie. Déjà, elle échafaudait des plans pour l’avenir et voyait en Dolly sa future belle-sœur. Ce fut son père qui la calma :

- « Holà, la Pitchoune, merci de ne pas t’emballer ! Ce n’est que le début et le parcours jusqu’à la mairie peut être très long et semé d’embûches. En plus, ils n’ont pas besoin de toi pour inventer d’autres folies… Chaque chose en son temps ! Si leur amour est vraiment sincère, ils sauront patienter. »

Et c’est ainsi que les deux amoureux prirent l’habitude de se retrouver le soir pour passer ensemble cette heure si précieuse. Ils apprenaient à se connaître. Parfois, ils évoquaient leur enfance et là, Phoebus était empli de tristesse en écoutant Dolly lui raconter cette longue période de chagrin, de solitude et d’injustice. Il l’admirait d’avoir su garder sa douceur et de ne pas s’être aigrie. Quelquefois, ils parlaient de leur avenir et faisaient de doux rêves. Mais la plupart du temps, ils se blottissaient l’un contre l’autre et se murmuraient de tendres mots d’amour tout en se tenant les mains.

On était à la mi-septembre et la nuit tombait plus tôt. Les journées étaient encore douces, mais les soirées se faisaient plus fraîches. Ce soir-là, Dolly frissonna. Aussitôt, son bel amoureux la serra dans ses bras pour la réchauffer et ne put résister à l’envie de l’embrasser. Leur baiser s’éternisa car ils étaient frustrés depuis de nombreux jours suite aux injonctions de Philibert. « Juste une fois » se disaient-ils.

Hélas pour eux, ils ne virent pas les yeux luisant de haine qui les observaient…

En effet, tapi dans l’ombre, Gédéon découvrait avec stupéfaction que sa sœur se trouvait dans la ferme Pochetrouhais et qu’en plus, elle flirtait outrageusement avec ce bellâtre de Phoebus, son ennemi juré !

En venant cette nuit dans cette ferme, il ne s’attendait pas du tout à cette mauvaise surprise. En fait, il était venu jouer un vilain tour à cette maudite famille. Depuis que Phoebus lui avait cassé le bras, il s’était juré de se venger et attendait patiemment son heure. Il était retourné dans cette ruelle sombre où Praline l’avait aperçu le jour de la fête pour prendre livraison de sa grosse commande. Il avait laissé passer les moissons et attendu que la récolte soit engrangée pour passer à l’action. Ce soir là, il n’était pas venu les mains vides. Il portait deux grosses cages remplies de rats affamés dans l’intention de les lâcher sur les beaux sacs de blé. Sur le chemin, il jubilait et se réjouissait à l’avance de la désolation qu’il allait semer. Cette fois-ci, les Pochetrouhais seraient vraiment ruinés et n’auraient pas d’autre solution que de vendre leur terre et leur vache à sa famille. Et ensuite, ils quitteraient le pays à jamais.

Avant de commettre son méfait, il avait d’abord voulu s’assurer que personne ne le verrait et qu’il ne ferait pas de fâcheuse rencontre. Il rasât d’abord les murs de l’étable en se baissant le plus possible puis arriva devant la grange. Il allait ouvrir la porte quand il entendit des murmures et des soupirs. Méfiant, il contourna le bâtiment et vit de la lumière filtrer entre deux planches mal jointes. Il jeta alors un coup d’œil et faillit tomber à la renverse. Sa première réaction fut d’aller chercher sa sœur et de casser la figure à ce prétentieux séducteur. Que ce minable bouseux ose poser ses sales pattes sur sa sœur le révulsait et lui donnait des envies de meurtre… Puis, il se ravisa. Affronter Phoebus ne l’emballait pas vraiment. Son bras s’en souvenait encore… Non, il valait mieux réfléchir et préparer une vengeance digne de ce nom. Tant pis pour la grange, les rats iraient dans une autre ferme. Déjà, il élaborait un plan d’attaque.

- « C’est ça » pensât-il, « roucoulez bien pendant que vous le pouvez ! Bientôt le blondinet aura du plomb dans l’aile… »

 

Dans le prochain épisode : une terrible vengeance…

 



Le 13/02/2009 à 08:38:13
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Philibert partit rejoindre son fils et l’aida à couper du bois. Ils travaillèrent d’abord en silence puis n’y tenant plus, le père se lança :

- « Fiston, je ne suis pas né de la dernière pluie. Je sais ce qu’il se passe entre Dolly et toi. Je n’irai pas par quatre chemins : je ne suis pas vraiment heureux de cette situation et j’ose espérer qu’il ne s’agit que d’un feu de paille. Vous n’êtes pas faits pour vivre ensemble. »

- « Pa je ne nierai pas ! En effet, nous sommes amoureux. De mon côté, ça fait très longtemps, je crois même depuis le premier jour de notre rencontre. J’ai lutté longtemps contre mes sentiments, Pa, tu peux me croire. J’ai tout fait pour l’éviter et l’oublier, mais c’est impossible ! Je l’aime si fort, elle est si douce, si belle, si… »

- « Stop !! On ne va pas y passer la nuit ! J’ai compris : tu es bel et bien entiché de cette fille. Ta mère a réussi à me convaincre de ne pas la mettre à la porte. J’ai cependant des conditions à émettre et elles ne sont pas négociables. »

- « Oh Pa, tout ce que tu voudras ! Merci de la garder chez nous. »

- « Mouais, ton enthousiasme va être un peu refroidi, mon gars. Primo : je vous accorde une heure et pas une minute de plus pour vous voir le soir après le repas dans la grange. Secondo : pas question de lui manquer de respect ! Il ne sera pas dit qu’une fille a été déshonorée sous mon toit ! Voilà, au moindre écart de conduite, je lui fais plier bagages ! Mon fils, la balle est dans ton camp… »

- « Pfiou, tu es dur Pa ! Seulement une heure ! Mais c’est d’accord, je suivrai tes règles. Et pour ce qui est du respect, je ne suis pas un trousseur de jupons comme Gédéon, moi ! »

- « Je sais mais je préfère que les choses soient claires. La passion nous fait faire parfois des folies… et encore plus à ton âge ! »

Pendant ce temps, Pétunia était retournée à la maison. Elle s’approcha de Dolly et lui tendit sa chaîne en lui parlant doucement :

- « Tiens, je crois que cela t’appartient ? Phil l’a trouvé entre deux bottes de paille…Tu n’as rien à me dire Dolly ? »

La jeune fille  cacha son visage derrière ses mains et confuse, balbutia :

- « Oh, ce n’est pas ce que vous croyez ! Nous n’avons rien fait de mal, je vous le promets. »

- « Tatata ! J’ai été jeune avant toi et si Phoebus est comme son père, il doit s’y entendre pour faire tourner la tête aux filles ! Mon mari voulait t’expulser mais je l’ai calmé. Il te faudra donc avoir une conduite exemplaire. »

- « Vous devez me détester maintenant, n’est-ce pas ? » demanda timidement Dolly.

- « Te détester parce que mon fils t’aime ? J’ai confiance en lui. Il n’aurait jamais choisi une pimbêche. Et toi, l’aimes-tu ? »

- « Oh oui, de tout mon cœur ! » avoua Dolly.

Cette spontanéité attendrit Pétunia et elle ajouta :

- « Alors, j’espère vraiment que rien, ni personne ne viendra se mettre en travers de votre bonheur… mais j’ai quand même des inquiétudes concernant ta famille, tu sais. »

- « Oh je sais bien qu’ils ne seront pas aussi tolérants que vous ! Votre famille est si gentille et j’éprouve beaucoup d’affection envers vous tous. Encore merci pour tout. »

Et elle embrassa gentiment Pétunia sur la joue. Celle-ci, plus émue qu’elle ne l’aurait voulu, se reprit et dit :

- Bon, aux fourneaux maintenant ! Parce que chez moi le dicton « vivre d’amour et d’eau fraîche » n’est pas de mise ! »

 

Dans le prochain épisode : le danger rôde…

 




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