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Le 18/12/2009 à 09:39:06
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Praline, folle de joie, tapa dans ses mains et s’exclama :

- « Je le savais, je l’avais toujours dit moi que ça finirait par un mariage ! Bon alors, quelle date choisissez-vous ? Finalement, Mr Gédublé, je veux bien une jolie robe maintenant. »

Phoebus prit la parole, tout en passant un bras sur les épaules de Jean :

- « Je serais très heureux de partager ce jour de bonheur avec toi, mon frère, et ta mignonne Brindille. On pourrait envisager la fin de l’année. A cette période, nous avons plus de temps pour nous »

Jean, dont les yeux verts rayonnaient de joie, prit son frère dans ses bras et lui dit que c’était une très bonne idée de célébrer leurs deux mariages le même jour. Pétunia, cependant, fit remarquer que le froid allait poser un problème pour l‘organisation. Pas question de dresser la table du banquet dans la cour et la maison était bien trop petite pour accueillir tous les invités et ils seraient nombreux !!

Gontran Gédublé se racla la gorge pour attirer l’attention et déclara :

- « Ma chère Pétunia, ma ferme vous est grande ouverte. Vous aurez à votre disposition ma grande cuisine qui n’a pratiquement jamais servi. Connaissant votre réputation de cordon-bleu, je sais que vous en ferez un très bon usage… Et ma grange est suffisamment vaste pour recevoir tout le village !!! Je veux une noce extraordinaire pour ma chère fille, une noce dont on se souviendra longtemps dans le pays ! »

- « Alors c’est d’accord !! » intervint Phil. « Nous marierons nos petits le 1er janvier. Rien de tel qu’une belle noce pour bien commencer l’année. Ma Pétunia, prépare-toi à danser toute la nuit avec ton beau mari… »

- « Taratata ! Je vais avoir un travail monstre ce jour-là et je serai certainement bien fatiguée. Et puis, il y a sûrement d’autres cavaliers qui voudront inviter la mère des mariés !! »

Phil se rembrunit, ce qui fit rire toute l’assemblée. Il avait beau jouer les fiers à bras, sa femme avait toujours le dernier mot. N’ayant jamais connu le bonheur conjugal, Gontran savourait cette scène avec plaisir. Qu’il faisait bon vivre chez ces gens simples et joviaux ! Ses années de solitude et de rancœur lui semblaient loin à présent et le sourire radieux qu’affichait sa fille était pour lui le plus beau des cadeaux. Il réfléchit rapidement et réclama le silence pour annoncer sa décision :

- « Mes amis, chers enfants, qui dit mariage, dit cadeau. Voici ma proposition : à partir de ce soir, je n’ai plus de fils, ni de femme. Gwendoline est la seule famille qui me reste. Je n’ai plus envie de m’échiner sur mes terres. Donc, je mets toute mon exploitation dans la corbeille de la mariée. Le travail ne manque pas et je pense même que nos deux jeunes couples pourraient s’associer afin d’unir leurs forces. Je sais que ces deux jeunes hommes sont vaillants et je leur confie mon domaine sans l’ombre d’un doute. Moi, je pourrai enfin me promener à cheval comme je l’ai toujours souhaité. J’irai m’installer dans la petite bergerie qui a abrité mes amours avec la mère de Gwendoline. Et quand vous nous ferez de beaux petits, je serai volontiers un grand-papa gâteau… »

- « Rectification : NOUS serons des grands-papas gâteaux !! » rajouta Phil.

Pétunia tapa dans ses mains pour les interrompre : « Dites messieurs les futurs grands-papas gâteux, désolée de vous ramener ainsi à la dure réalité, mais beaucoup de travail nous attend avant de pouvoir faire la fête ».

Phil regarda sa femme d’un air pensif et interrogea son nouvel ami : « T’aurais pas une petite place pour moi dans ta bergerie ? Je sens qu’ici, je vais être harcelé encore plus que d’habitude ! » Le claquement sec d’un coup de torchon le fit sursauter et l’air offusqué qu’il prit en se frottant le fessier que sa femme avait pris pour cible déclencha à nouveau toute une cascade de rires. Puis il redevint sérieux et se tourna vers Gontran : « Dis mon vieux, tu vas pas rester tout seul dans ta ferme avec ta patte cassée ! On va t’héberger pendant ta convalescence. Je n’accepte aucun refus ! » Le père Gédublé accepta cette offre généreuse avec grand plaisir… Ca lui donnerait l’occasion de vivre auprès de sa fille et de combler le fossé qui les avait séparés si longtemps.

 

Dans le prochain épisode : les préparatifs de mariage…

 



Le 04/12/2009 à 10:20:44
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

- « Mais ce n’est pas tout » reprit Gontran. « J’ai cru comprendre qu’il y avait de la romance dans l’air entre ton fils et ma fille. Et j’ai bien réfléchi… »

Il ne put finir sa phrase car Phoebus s’avança vers lui en tenant Gwendoline par la main. D’un ton décidé et légèrement provocant, il prit la parole :

- « Monsieur Gédublé, je sais que ma famille ne roule pas sur l’or. J’aime votre fille et je veux l’épouser. Voulez-vous m’accorder sa main ? Je vous le demande par correction mais de toute façon, je n’accepterai pas un refus de votre part. Gwendoline sera ma femme avec ou sans le consentement de vous tous ! »

Et, sur ces mots, il toisa également toute sa famille. Philibert en resta bouche bée. Puis il s’approcha de son fils, lui asséna une tape derrière la tête et déclara mi-courroucé, mi-amusé :

- « En voilà une drôle de demande en mariage !! Tu crois que c’est de cette façon que tu vas t’attirer les bonnes grâces de ton futur beau-père ? Même moi, à mon époque, j’ai su y mettre les formes. Pas vrai ma Pétunia ? »

Gontran leva la main pour interrompre ce flot de paroles et intervint dans la discussion :

- « Ah cette fois-ci, Pochetrouhais, c’est à moi qu’il revient de trancher. Ton fils n’a pas tout à fait tort, tu sais… Il faut saisir l’amour quand il passe. Alors, oui, Phoebus, c’est avec grand plaisir que je te donne ma fille en mariage. A une seule condition cependant… »

Déjà, Phoebus fronçait les sourcils et envisageait de nouvelles barrières à son amour.

- « Quelle condition ? » rétorqua-t-il d’un ton peu aimable.

- « Mais » répondit Gontran d’un air malicieux « Il faut que ma fille soit consentante. Après tout, je ne l’ai pas encore entendue dans tout ce brouhaha… »

- « Oh Papa, bien sûr que je veux l’épouser moi aussi ! Alors c’est vrai ? Tu es d’accord ? Merci, merci ! » Et elle plaqua deux énormes bises sur les joues de son père, puis se mit à embrasser toute la famille de son chéri.

 

Dans le prochain épisode : on échafaude des projets d’avenir…

 



Le 20/11/2009 à 08:43:25
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Quand Gwendoline, accompagnée de Phoebus et Jean, vint chercher son père, elle eut un grand choc : son visage était baigné de sang ! Rapidement transporté chez les Pochetrouhais, il fut vite soigné. Heureusement, la blessure était superficielle. C’était le cuir chevelu qui avait saigné abondamment. En revanche, il ne décolérait pas. Sa femme avait osé l’assommer ! De plus, elle était en fuite avec son maudit fils !

- « Philibert, je suis désolé. J’aurais tellement voulu qu’il paye pour tous ses méfaits. Et je n’ai rien pu faire pour empêcher son évasion. »

- « Bah nous sommes tous un peu fautifs. Nous étions trop pressés de manger et boire et personne n’a songé que ta bonne femme pouvait le libérer. De toute façon, ça ne sert à rien de les chercher dans la nuit. Et puis, après tout, qu’ils aillent au diable tous les deux !! La vie est bien trop courte pour perdre son temps à courir derrière ces moins que rien !»

- « Tu es plus indulgent que moi. J’admire et j’envie ton infatigable optimisme. Pourtant, tu as de sérieuses raisons de réclamer vengeance. »

- « Ecoute mon vieux Gontran : ma femme et mes enfants sont sains et saufs, j’ai des amis fidèles. C’est déjà pas mal non ? »

- « Après tout, c’est toi qui es dans le vrai… Bon, il est évident que tous les frais de reconstruction de ta grange sont à ma charge. Je te fournirai aussi la paille, le foin et le blé. C’est le moins que je puisse faire pour réparer le mal que Gédéon a fait…En revanche, dit-il en se tournant vers Praline, je ne peux rien faire pour tes cheveux et j’en suis profondément désolé. Ca ne te rendra pas ta belle natte, mais me permets-tu de t’offrir quelques jolies robes ? »

Praline, un peu surprise par ce changement d’attitude, lui répondit :

- « Vous m’avez tout de même sauvée de l’explosion ! Mes cheveux ? Et bien ils repousseront ! A moins que je ne me décide à les garder ainsi car, finalement, je serai plus vite coiffée le matin. Quand aux robes, vous savez, ce n’est pas très pratique pour grimper aux arbres ou courir dans les champs. Je préférerai des bonnes salopettes bien solides, avec beaucoup de poches. »

- « Tu ne vas pas rester un garçon manqué toute ta vie quand même ! » l’interrompit Pétunia.

- « Holà ! Assez parlé chiffons pour le moment ! » ronchonna Philibert. Gontran, je te remercie pour ton offre généreuse et je l’accepte comme le cadeau d’un nouvel ami. »

Sur ces paroles, il tendit sa large main à son ancien ennemi qui s’empressa de la serrer vigoureusement.

 

Dans le prochain épisode : la demande en mariage…

 

 



Le 06/11/2009 à 08:43:41
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

- « Et pourtant, Père, vous avez voulu me faire épouser Mortimer !!! »

- « J’ai cru bien faire sur le coup. Ce garçon t’aime et j’ai pensé que tu serais plus heureuse dans son manoir si tu pouvais enfin échapper à la méchanceté de Gertrude et de ton demi-frère. Bien sûr, aujourd’hui, je réalise que c’était une erreur. On ne doit jamais forcer ses enfants à se marier contre leur gré… J’ai tellement eu peur quand tu as disparu. Tout ce qui me restait de Marlène était parti avec toi. »

- « Père, je vous l’ai déjà dit : j’aime Phoebus et il m’aime aussi. Pourrez-vous accepter cela ? »

- « Gwendoline, je vais faire même beaucoup plus que ça. Je vais en parler avec Philibert. Mais avant cela… »

- « Quoi donc Père ? » demanda Gwendoline vaguement inquiète.

- « Peux-tu me pardonner pour ton enfance malheureuse et m’appeler Papa ? » demanda-t-il d’une voix très émue.

- « Papa, je t’aime » sanglota la jeune fille en passant ses bras autour du cou du vieux fermier.

- « Allez ma belle, va retrouver ton amoureux et envoie-moi de l’aide pour rentrer, mais pas avant une bonne heure. Je dois régler un autre problème familial et pas des plus agréables… »

- « Mais Papa, je vais rester avec toi. »

- « Non ! Cela ne te concerne pas. Je ne veux pas que tu assistes à cette scène pénible. Tu as déjà eu ton lot de larmes. L’heure du bonheur a sonné pour toi. File, je te dis ! »

Gontran se retrouva alors seul face à sa femme et son fils. Plus aucune trace de tendresse ne se reflétait dans ses yeux.

- « Gertrude, tu as rompu notre pacte. Tu avais juré de ne jamais dévoiler ses origines à Gwendoline. Tu es allée trop loin. C’est terminé. Je ne veux plus de toi à la ferme. Je vais te donner une somme importante de pictoches afin que tu ne manques de rien mais je ne veux plus jamais te revoir. Installe toi le plus loin possible ! Ton attitude obsessionnelle envers notre fils est en grande partie responsable de l’homme qu’il est devenu aujourd’hui. Tu lui as toujours pardonné toutes ses bêtises sans jamais sévir. Oh je suis fautif aussi ! J’aurai dû m’imposer en tant que père et user de mon autorité sur lui, quitte à lui caresser l’échine de temps à autre. Il ne serait certainement pas devenu ce criminel que tout le monde montre du doigt ce soir. Je ne sais pas quelle punition il va subir mais il l’aura bien méritée. »

L’attaque de Gertrude fut aussi rapide et sournoise que celle d’une vipère. Armée d’une planche, elle assomma violemment Gontran puis fouilla ses poches à la recherche du couteau dont il ne se séparait jamais. La lame toujours soigneusement affûtée eut tôt fait de trancher la corde qui entravait les pieds et les mains de Gédéon. Elle aida son fils à se lever et l’entraîna dans une course folle à travers champs dans la nuit noire. Personne, non personne, ne toucherait à son fils !

 

Dans le prochain épisode : on enterre la hache de guerre…

 

 




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