« Octobtre 17 »
LMaMeJVSD
1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031
Le 22/05/2009 à 10:51:23
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Lorsqu’il vit surgir du brouillard un cheval monté par Gédublé, Philibert faillit s’étouffer :

- « Tu viens savourer le spectacle, vieux grigou ? Dégage de ma ferme ou je te démolis ! L’heure n’est plus à la rigolade. »

Les poings serrés, il était prêt à l’attaque quand Pétunia intervint :

- « Attends Phil, il n’est pas seul. Regarde, Dolly est avec lui. »

- « Bien sûr » rétorqua-t-il d’une voix sombre « le clan Gédublé resserre ses liens. J’aurai dû suivre mon instinct et ne jamais permettre à cette fille de s’installer chez nous. Elle n’a apporté que malheur et désolation. »

Gontran sauta de sa monture et lança à Philibert :

- « Ecoute, je comprends ta colère et ta peur. Je vais ramener mon fils à la raison, ok ?  Alors, laisse-moi passer.»

Pétunia, tendue comme un arc, lui murmura :

- « Je t’en prie Gontran, persuade-le de me rendre mes petits… »

Gontran hocha la tête puis s’en alla cogner fortement contre la porte de la grange et dit d’une voix tonitruante :

- « Gédéon, c’est moi ton Père, ouvre cette porte ! »

- « Père, mais que faites-vous ici ? »

- « Laisse-moi rentrer ! »

Un long silence suivit. Gédéon réfléchissait à toute allure. La venue de son père ne lui plaisait qu’à moitié… A contrecoeur,  maintenant toujours serrée Praline contre lui, il ordonna à Phoebus :

- « Va lui ouvrir et referme aussitôt derrière lui. Attention, ne tente rien d’irréfléchi. N’oublie pas ta sœur… »

Phoebus s’exécuta sans protester. Bien sûr, l’occasion de s’échapper était très tentante et ne se renouvellerait peut-être pas de sitôt mais il lui était impossible d’abandonner sa petite sœur chérie. Dès que Gontran fut rentré, il barricada à nouveau la grange. Il faisait très sombre et le père Gédublé eut du mal à se repérer.

- « Holà, Gédéon, où es-tu ? »

- « Par ici, Père. C’est gentil à vous de m’apporter votre renfort. Le Mortimer est décidément une vraie poule mouillée et il boude quelque part au milieu des bottes. Mais à nous deux, on va pouvoir maîtriser le bellâtre. »

- « Tu peux m’expliquer tout ce cirque ? » demanda Gontran d’une voix irritée.

- « Vous allez être fier de moi, Père ! J’ai retrouvé Gwendoline dans les bras de ce pouilleux et j’ai décidé de donner une bonne leçon à toute cette famille. Le blondinet a le crâne explosé, la sorcière rousse a perdu sa tresse et j’ai là une cinquantaine de bombes prêtes à pulvériser toute la ferme et ses habitants. Vous aurez bientôt de nouvelles terres… Héhéhé, joli coup, hein ? »

Gontran explosa :

- « Pauvre crétin ! Mais tu ne connais donc aucune limite ? Et puis lâche cette gamine ! Tu n’as pas l’intention de la saigner comme un poulet, j’espère ? Il n’y a pas d’assassin chez les Gédublé et ça ne va pas commencer aujourd’hui. Je vais t’empêcher de nuire à ma réputation. Après une histoire pareille, je vais avoir toutes les peines du monde à maintenir mon autorité dans le village et tu sais très bien que je veux devenir Maire. »

Gédéon blêmit de colère et d’humiliation devant ce sermon… Il rétorqua alors :

- « Ah je suis un crétin ! Mais vous, vous n’êtes qu’un vieux gâteux ! Il est grand temps pour vous de partir à l’asile et de me laisser votre place à la ferme. »

- « Espèce de fumier ! Je t’interdis de me parler comme ça. Ta mère t’a pourri trop longtemps et voilà le résultat : un voyou, fainéant, ivrogne et ingrat. Je vais te filer la correction que tu aurais dû recevoir depuis longtemps. Et tu vas voir que le vieux gâteux a encore des ressources en réserve ! »

 

Dans le prochain épisode : Jean entre dans l’action…



Le 08/05/2009 à 09:53:47
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Pendant que se déroulaient ces graves évènements, Gwendoline courut à perdre haleine vers la ferme de ses parents. Elle fit irruption brutalement dans la grande cuisine. Son père qui fumait sa pipe en silence près de la cheminée sursauta en la voyant. Sa mère leva le nez de ses livres de compte d’un air réprobateur. Elle s’apprêtait à faire une scène mais elle resta médusée quand la jeune fille lui fit signe de se taire :

- « Gardez vos reproches pour une autre fois, Mère ! »

Puis elle s’approcha de Gontran et le saisit par la manche d’un air décidé :

- « Père, suivez-moi sans discuter, l’heure est grave, je vous expliquerai en chemin… »

Celui-ci se rebiffa et rétorqua d’un ton peu aimable :

- « Alors tu disparais pendant des semaines sans aucune explication, tu surgis comme une folle sans prévenir et tu voudrais que je te suive je ne sais où pour faire je ne sais quoi !!! Tu divagues ma pauvre fille »

- « Père, pour une fois dans votre vie, écoutez-moi et faites-moi confiance. Gédéon est devenu complètement fou. Vous êtes le seul à pouvoir le calmer… Je vous en supplie Père, venez si vous avez un peu d’affection pour moi. »

A ces mots, Gontran sentit sa gorge se serrer mais alors qu’il esquissait timidement un geste vers sa fille, il fut interrompu par le hurlement strident de Gertrude qui s’était précipitée sur Gwendoline et la secouait violemment en hoquetant :

- « Mon Gégé d’amour, mon fils bien-aimé, que lui arrive-t-il ? Dans quel danger l’as-tu entraîné, mauvaise fille ? »

Dolly n’était plus la jeune fille docile d’autrefois et se rebiffa :

- « Votre si gentil fils adoré et exemplaire a pris en otage les enfants Pochetrouhais et menace de tout faire sauter avec des bombes ! Vous perdez un temps précieux à discutailler au lieu d’agir ! »

Piqué au vif par ces mots, Gontran réagit :

- « Gwendoline, tu montes avec moi sur le cheval, nous irons plus vite et toi Gertrude, rejoins-nous à pied »

Sa femme, furieuse d’être reléguée au second plan, le fusilla du regard mais il lui rendit un regard encore plus dur et elle finit par baisser la tête et partit en courant dans la nuit.

En un clin d’œil, le cheval fut sellé. C’était un robuste percheron. Il ne servait pas pour les travaux des champs mais Gontran aimait traverser son domaine sur son dos. Cela lui procurait une sensation de puissance, mais aussi de bien-être et d’apaisement. Toute sa tension s’évacuait dans ces moments-là et il se laissait aller à des rêveries connues de lui seul…

Il installa sa fille devant lui et partit au trot vers la ferme de son vieux rival. D’un ton ferme, il lui demanda :

- « Maintenant, je veux tout savoir et ne me cache rien. »

Alors Gwendoline raconta tout : son refus d’épouser Mortimer, sa fuite éperdue, la noyade dont l’avait sauvé Praline, l’hospitalité offerte par sa famille et enfin son amour pour Phoebus.

Elle se prépara à affronter une terrible colère. Au lieu de cela, il n’y eut qu’un long, très long silence. Puis d’une voix blanche, son père lui demanda :

- « Mais que vient faire ton frère dans cette histoire ? »

- « Oh Père, cela fait des années qu’il hait Phoebus ! Je pense qu’il a dû m’apercevoir avec lui, d’où cet accès de folie meurtrière… »

- « Bon, je vais essayer de le calmer mais après, nous devrons avoir une discussion très sérieuse nous deux. C’est compris, petite ? »

- « Oui, Père, c’est promis. Ah nous voilà enfin arrivés ! Pourvu qu’il ne soit pas trop tard… »

 

Dans le prochain épisode : Gédéon est incontrôlable…

 



Le 24/04/2009 à 09:28:18
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Philibert et son neveu, suivis par sa femme et Gwendoline, essayaient en vain d’ouvrir la porte de la grange. La voix haineuse de Gédéon se fit entendre :

- « Vous pouvez toujours pousser ! J’ai coincé la porte avec une grosse poutre. »

Fou de rage, Philibert explosa :

- « Saleté de vermine ! Ouvre-moi immédiatement ! Je vais te briser les os ! »

- « Je vous préviens : la grange est truffée de bombes ! Si vous tentez quoi que ce soit, je fais tout exploser et vos mignons enfants avec ! Pfft ! Pulvérisés le bellâtre et la sorcière ! »

Jean saisit le bras de son oncle et lui dit :

- « Il ne plaisante pas, j’en suis sûr. Ce type est complètement dingue ! Reculons un peu et réfléchissons à ce qu’il convient de faire… »

Pétunia se tordait les doigts et gémissait doucement :

- « Mes petits, mes tout petits ! »

Gwendoline, devant ce désarroi poignant, se pencha vers elle et lui dit :

- « C’est moi la cause de tout cela ! Je m’absente pour un petit moment. Je vais chercher de l’aide… » Et elle s’enfonça dans la campagne nappée d’une épaisse brume.

A l’intérieur de la grange, pendant que Gédéon et Mortimer barricadaient la porte, Praline, à force de se tortiller dans tous les sens, était parvenue à rejoindre son frère toujours inanimé.

- « Phoebus, je t’en supplie, réveille-toi ! Parle moi s’il te plaît ! Allez Phoebus, fais un effort ! » Celui-ci émit un vague grognement mais cela suffit pour rassurer sa sœur. Après tout, dans la famille, ils avaient tous la tête dure !! …

Dans l’autre coin de la grange, Mortimer protestait violemment :

- « T’es pas un peu maboul des fois ! Je n’ai pas du tout envie de sauter moi ! »

Ces récriminations furent vite interrompues par Gédéon qui le plaqua brusquement contre le mur en lui serrant le cou.

- « T’avise pas de me traiter de cinglé une seconde fois ! Sinon… ce sera la dernière ! »

Mortimer comprit que ces menaces étaient vraiment sérieuses et il n’avait maintenant qu’une seule envie : quitter cet endroit maudit ! Gédéon était devenu trop dangereux à son goût. Et puis, sa fiancée était dehors !

Le fils Gédublé tournait en rond comme une bête enragée. Il fallait qu’il se défoule sur quelqu’un… Quand il aperçut Praline penchée sur son frère, il eut un sourire mauvais et une lueur inquiétante alluma son regard. En deux enjambées, il fut sur elle, il la saisit par sa longue natte et la traîna à l’écart derrière les bottes de paille. Il la bâillonna avec son mouchoir. Il sortit de sa poche un long couteau et, dans un éclat de rire démentiel, trancha net sa belle tresse rousse. Praline, terrorisée, gigotait de toutes ses forces pour se dégager. Il appuya sa lame sur la gorge palpitante de la jeune fille et une goutte de sang perla.

- « Tu restes là bien sagement ou je ne me contenterai pas de tes cheveux ! Et puisque ton maudit frère a déshonoré ma famille en séduisant ma sœur, je pourrai bien te faire subir le même sort. Hum, qu’en penses-tu ? Tu n’as pas envie de t’amuser un peu avec moi ? »

Praline, submergée de dégoût, se sentait défaillir. Soudain un bruit sourd se fit entendre, suivi par un cri aigu de douleur. Gédéon sursauta quand il vit la haute silhouette de Phoebus se dresser devant lui. Son visage couvert de sang faisait peur à voir.

- « Hé l’affreux ! J’ai mis hors service ton copain l’épouvantail. Maintenant, c’est ton tour. »

- « Ne t’approche pas de moi Pochetrouhais ! Si tu fais un pas de plus, tu peux dire adieu à ta petite sœur. J’ai une belle lame appuyée contre sa gorge et très bien aiguisée. Tiens, en voilà la preuve ! » dit Gédéon en jetant la tresse de cheveux à la figure de son ennemi.

Quand Phoebus réalisa ce qu’il tenait entre ses mains, il suffoqua de douleur. La belle chevelure de sa soeurette était massacrée.

- « Monstre ! Tu as osé ! Espèce de pauvre fou ! Je ne te laisserai pas sortir vivant de cet endroit ! Tu m’entends Gédéon ? Tu es foutu ! »

- « Je suis peut-être foutu mais ta sœur et toi aussi. Je vais faire exploser les bombes que j’ai apportées…

- « Imbécile ! Tu sauteras aussi avec nous et ton complice aussi ! »

- « Rien à faire ! Je préfère y rester aussi… »

 

Dans le prochain épisode : Dolly affronte ses parents…

 



Le 10/04/2009 à 09:09:42
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Praline prenait son rôle de veilleur de nuit très au sérieux. Elle s’éclipsait chaque soir après le repas pour vérifier si la grange était vide de tout piège et elle attendait toujours que le rendez-vous des amoureux soit fini pour aller elle-même se coucher. Elle ne savait pas quand Gédéon et Mortimer passeraient à l’action. En présence de sa famille, elle essayait bravement de faire bonne figure et d’afficher un air heureux alors qu’elle était angoissée du matin au soir.

Le mois d’octobre vivait ses derniers jours et l’automne commençait à se faire plus insistant. Les feuilles des arbres prenaient des couleurs flamboyantes et le brouillard qui tombait le soir avait bien du mal à se dissiper le matin. Une fois de plus, la jeune fille quitta la maison et se dirigea vers la grange. Elle redoutait tant de trouver les fameuses bombes… Au moment même où elle posa sa main sur la poignée de la porte, elle se sentit happée et poussée violemment dans le bâtiment. Elle voulut crier mais elle se retrouva rapidement bâillonnée par une main rêche. Une voix désagréable qui la fit frissonner d’horreur chuchota :

- « Ligote-lui bien les mains et les pieds ! Héhé, on tient déjà la JulietteManque plus que son Roméo pour que la fête soit complète ! »

Gédéon croyait avoir attrapé sa sœur. Dans le brouillard, il n’avait remarqué qu’une silhouette féminine et la grange était trop sombre pour qu’il puisse distinguer les traits de sa captive. S’efforçant de garder son calme à tout prix, Praline se mit à réfléchir à toute vitesse : « Je dois leur laisser croire que je suis Gwendoline et que leur plan est en bonne voie… Maintenant je dois trouver un moyen d’avertir mon frère.» Hélas, elle n’en eût pas le temps car déjà elle entendait Phoebus approcher en sifflant un air joyeux. Praline essaya de se lever mais ses liens étaient trop serrés. Elle entendit la porte de la grange s’ouvrir et aperçut à contre-jour la haute silhouette de son frère. Un horrible craquement suivi d’une lourde chute déchira le silence. Son frère ne sifflait plus… « Non ! Pas son frère chéri ! »

- « C’est bon ! » claironna Gédéon « il a son compte ! Je l’ai sonné pour un moment ! Faut dire que j’y ai mis tout mon cœur, le manche de la pioche s’est brisé en deux morceaux sur son crâne… »

- « Bien fait pour lui ! Je ne vais pas pleurer ! » répondit Mortimer en laissant fuser son rire de hyène hystérique.

- « Allez viens m’aider à le ligoter fermement et à le porter sur son berceau de bombes !! »

Alors qu’ils étaient tous les deux penchés sur le corps inanimé de Phoebus, le cœur de Praline battait la chamade. C’est alors qu’elle vit la porte de la grange s’entrebâiller et comprit que c’était son amie qui venait à son rendez-vous. Elle se mit à hurler de toutes ses forces :

- « Dolly, sauve-toi, c’est un piège ! Ton frère et Mortimer sont là ! Ils ont assommé Phoebus et ils ont des bombes ! Fuis !! »

La réaction des deux voyous ne se fit guère attendre. Praline reçut une gifle monumentale de la part de Mortimer et Gédéon se précipita vers la porte pour attraper sa sœur. Mais celle-ci, rapide comme l’éclair, avait déjà disparu grâce au brouillard encore plus épais à présent. Elle courut jusqu’à perdre haleine et ouvrit la porte de la maison avec fracas tout en ameutant la famille Pochetrouhais :

- « Au secours ! Vite ! C’est affreux… » Elle avait du mal à parler mais elle avait empoigné Philibert par le bras et le tirait de toutes ses forces pour qu’il se lève. Celui-ci, complètement abasourdi, essayait de comprendre ce qui mettait la jeune fille dans cet état là.

- « Holà, calme-toi et explique-moi ce qu’il se passe ! »

- « Phoebus, Praline, Mortimer et mon frère… ils sont… tous les quatre dans la grange » hoqueta-t-elle.

Pétunia poussa un cri d’angoisse tandis que son époux et Jean fonçaient en direction de la grange.

Dans le prochain épisode : Gédéon devient complètement fou !

 




Jeux d'elevage