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Le 26/10/2012 à 08:23:40
Il était une fois @ par redac
Les aventures extraordinaires de Nounouille
 

QUINZIEME VOYAGE

 

Broum Broum Broum, wizzz, wizzz, wizzz, sboing sboing sboing !!

Non non, vous ne rêvez pas ! Nounouille et moi sommes reparties dans notre Brinouillemobil, machine que le monde entier nous envie…

Mais quelle est notre destination cette fois-ci ? Pas très loin…Nous partons visiter le pays de la grande copine de Nounouille : Rosa et, par la même occasion, son éleveuse Meles. Vous la reconnaissez ? Il s’agit de notre adorable amie portugaise. Mais chuuuuut, ne lui dites rien, c’est une visite-surprise !!

En vadrouillant sur le net, j’ai découvert qu’il y avait une race de vaches ne vivant qu’au nord du Portugal et à la frontière espagnole, au sud de la Galice.

On l’appelle la cachena. Elles sont très peu nombreuses, à peine une centaine. Un plan de maintien des races en danger a d’ailleurs été mis en place au Portugal.

Nous voici donc arrivées dans le district de Vila Real,  une région d'agriculture assez pauvre. Le climat y est chaud et sec en été, froid et humide l'hiver. Les sols sont pentus et peu fertiles.

Nounouille, fébrile, veut absolument rencontrer ces nouvelles cousines. Nous apercevons au loin un petit troupeau en train de paître à flanc de montagne. Nous nous approchons et là, je reste émerveillée ! Vraiment, quelles beautés que ces vaches-là !

Elles portent une robe fauve et blonde aux nuances brunes plus foncées sur le garrot. Leurs muqueuses sont claires, mais leur museau est sombre. Elles portent de longues cornes en lyre.
La vache cachena est une des plus petites races au monde. Elle mesure 1,10 à 1,17 en moyenne au garrot pour 390 kg. Le taureau mesure 1,20 à 1,25 pour 550 kg. C’est une race de grande rusticité, bien adaptée à leur région. Elles sont élevées en plein air. Elles se nourrissent de branchages lorsque l'herbe est trop rare. Les vaches sont de bonnes mères et élèvent bien leur veau. La taille des animaux pourrait être une adaptation à un milieu hostile. En effet, une petite vache a moins de besoins et récupère mieux des périodes de disette.

Nounouille me fait alors remarquer que Rosa aussi est une très bonne mère. Et moi, je pense en souriant à Meles qui est aussi une maman exemplaire, une maman-poule comme on dit chez nous…

Traditionnellement, c'étaient des animaux utiles pour tout : lait, viande, force de travail. Seule la viande est réellement valorisée aujourd'hui. Elle est d'ailleurs reconnue comme de grande qualité. La cachena produit un peu de lait riche, parfumé par son environnement sauvage et bien mis en valeur par sa transformation en fromage : "brandas da cachena".  Ce fromage se fabrique pendant la période de transhumance. C’est un fromage de berger, au lait entier. Il fait 15 cm de diamètre, 4 à 5 cm d’épaisseur pour un poids d’environ 900 g.

Chouette, ici aussi, il y a de la transhumance !! Crois-tu qu’elles écoutent la même musique qu’à VL ? me fait remarquer Nounouille en rigolant. Talilalalala, lalalalère, Talilalalala, lalalalère

Hmmm, il m’a l’air bien sympa ce fromage-là !! Ma vache, partie faire connaissance avec les belles Ibères, me raconte qu’il y a deux autres fromages au lait de vache au Portugal : l’Ilha Sao Jorge et le Pico, tous deux produits dans les îles des Açores.

Après échange d’adresses et promesses d’une nouvelle visite, nous laissons ces jolies petites vaches pour aller toquer à la porte de Meles.

Elle nous a accueillies les bras grands ouverts, surtout que j’avais pris soin de faire une provision de nougats et de pain d’épices !! hihi En retour, j’ai enfin pu déguster son fameux Porto.

Pas facile de quitter des amies quand on se sent bien en leur compagnie !

Pour consoler Nounouille, je lui ai dit qu’on pouvait les rencontrer tous les jours sur VL et moi je me dis qu’un de ces jours, j’irai faire une virée dans ce beau pays.

Depuis, je savoure mon brandas de cachena. Si vous en voulez une tranche, passez donc me voir avec du pain frais et une bonne bouteille de rouge…

Vraiment, je vous le dis, il faut absolument que cette race de vaches soit sauvée ! C’est aussi important qu’un grand fauve ou un adorable panda.

A bientôt peut-être…

Saudades, mil beijocas

 

Brijounette

 



Le 17/02/2012 à 09:24:56
Il était une fois @ par redac
Les aventures extraordinaires de Nounouille

QUATORZIEME VOYAGE

 

Que le temps passe vite !! Voici bien longtemps que Nounouille et moi-même n’avons pas voyagé. Que voulez-vous ? Le train-train quotidien nous a accaparées chacune de notre côté. Enfin, la semaine dernière, guère enclines à affronter le grand froid qui sévissait depuis plusieurs jours, nous avons improvisés une soirée vidéo avec pop-corn à volonté. Pour la énième fois, ma belle amie a voulu regarder « La vache et le prisonnier ». Bien calées l’une contre l’autre sous une épaisse couverture, nous avons passé un excellent moment. Ma vache connaît tous les dialogues par cœur mais ne se lasse jamais des répliques.

 

Pour celles et ceux, trop jeunes pour l’avoir visionné, qui ne connaissent pas ce film, voici un rapide résumé : en 1943, Charles Bailly (incarné par Fernandel), prisonnier de guerre de la seconde guerre mondiale en Allemagne, décide de s’évader de la ferme où il est employé. Sa ruse, grossière et folle en apparence, consiste à traverser le pays en tenant la vache Marguerite en laisse et un seau de lait dans l’autre main. Ainsi va commencer la plus extraordinaire des odyssées pour l’homme et la bête (200 kilomètres à pied !), paisible image de paix dans un pays déchiré par les haines et la violence. Après s’être séparé de l’animal, non sans lui avoir promis de ne plus jamais manger de viande de veau, il se dissimule sous un train pour franchir la frontière germano-française. Il sera repris et retournera en captivité avant d’être libéré à la fin de la guerre.

 

Ce film en noir et blanc date de 1959 et dure 1h59min. Réalisé par Henri Verneuil, il fut son premier gros succès. Il totalisa lors de sa sortie en salles 8 849 752 entrées.

Le scénario est tiré d’un récit Une histoire vraie de Jacques Antoine.

Le tournage s’est déroulé en Allemagne du 8 juin au 15 août 1959. Fernandel et la vache parcoururent réellement les 200 kilomètres de Munich à Stuttgart.

Pour la petite histoire, à l’initiative d’Henri Verneuil, Marguerite la vache eut droit à sa propre doublure. Pour choisir l’animal, le cinéaste dut en auditionner 600 !! Afin d’éviter qu’elle ne termine ses jours dans un abattoir, il s’était arrangé avec un fermier normand pour qu’il la garde. Sympa n’est-ce pas ?

 

Une fois de plus, Nounouille et moi-même avons bien ri et pleuré aussi. Et ma vache de soupirer pendant le générique de fin :

-       Quelle chance elle a eu cette Marguerite ! Elle restera célèbre à tout jamais.

 

Et c’est là que mon cerveau un peu fou eut un déclic et qu’une idée folle germa dans mon esprit.

 

J’ai foncé vers le fond de la grange, arraché  la bâche couverte de poussière qui recouvrait notre machine, et enclenché le moteur qui démarra, ô merveille, sans rechigner. Puis, j’allais extirper sans ménagement de son nid douillet Nounouille que le sommeil commençait à gagner.

-       Bouge-toi !! La gloire n’attend pas…

 

A son air hébété, j’ai bien vu qu’elle ne comprenait rien. Je t’expliquerai plus tard après Broum Broum Broum, wizzz, wizzz, wizzz, sboing sboing sboing…

- Mais Brijou, gémit-elle, pourquoi me fais-tu sortir par ce froid ? Je vais me geler les mamelles !

En guise de réponse, j’ouvre la porte de la Brinouillemobil. Elle avance prudemment son mufle pour humer l’air ambiant et, toute ragaillardie par sa découverte, franchit allègrement le pas de la porte

- Mais c’est qu’il y a du soleil et il fait chaud même ! Où sommes-nous ma Bribri ?

- Bavière, juillet 1959… Ca te rappelle quelque chose ?

Avant même qu’elle ne puisse me répondre, surgit un type surexcité…

- Ah vous voilà quand même ! Vite, on a besoin de la doublure pour tourner la scène suivante. C’est la scène du pont en bois et Mademoiselle Marguerite refuse d’y aller car elle a le vertige. Monsieur Fernandel est prêt depuis un moment. On ne peut pas le faire attendre plus longtemps. Dépêchez-vous de conduire cette bête au milieu du pont.

Sans rien dire, j’entraîne Nounouille sur ledit pont. Je la sens trembler contre moi.

- Brijou, j’ai le trac.

- Tssss, allons tu connais cette scène par cœur ! Tu te mets en travers de ce pont étroit et tu refuses d’avancer. A ce moment-là, une cohorte de soldats allemands arrive pour traverser la rivière. Fernandel et deux soldats vont essayer sans succès de te faire bouger. Les militaires n’ont alors qu’une seule solution : ils se plaquent contre la rambarde pour vous laisser passer tous les deux et vous font comme une haie d’honneur. Tu vois, ma belle, c’est simple. La chance te sourit, ne la laisse pas passer.

Et sur ces paroles, je m’éclipse…

- Ok, Silence, on tourne ! Action !! ….. C’est bon, on la garde, elle est parfaite cette scène !

Quand Nounouille me rejoint sur la rive, elle a des petites étoiles qui brillent au fond des yeux. Son bonheur fait plaisir à voir.

- Tu as été parfaite ma fille. Tu avais une sacrée allure quand tu as défilé devant les soldats. Bravo ! Tiens, voilà la scripte qui vient nous voir. Que veut-elle ?

- Bon on a encore besoin de vous pour une nouvelle scène. L’action se passe dans une ferme. Votre vache doit rentrer dans l’enclos d’un taureau qui va la séduire. Pendant ce temps-là, Monsieur Fernandel partagera le repas d’une sympathique famille allemande. La scène n’est pas dangereuse mais Marguerite a bien stipulé dans son contrat qu’elle refusait de tourner les scènes d’amour. Vous pensez que votre vache saura se débrouiller ?

- Oh soyez sans inquiétude ! Elle connaît son affaire…

Et en effet, à voir le regard gourmand de ma Nounouille, je suis persuadée que tout se passera à merveille ! Quand le clap a retenti, elle est partie joyeusement vers le taureau qui n’avait pas l’air d’être là que pour la figuration !! hihi D’ailleurs, quand le réalisateur a annoncé que la prise lui convenait, ma vache m’a susurré à l’oreille qu’on pourrait peut-être la refaire !! Rhooo la coquine…

 

Voilà, nous sommes de retour à la maison. Et savez-vous ce que nous avons fait aussitôt ? Oui nous avons à nouveau regardé le film. Ma Nounouille est si belle en noir et blanc. Alors, si vous avez envie d’un petit autographe, passez donc nous voir ! Quand à moi, je suis doublement heureuse : j’ai réalisé le rêve de ma vache et j’ai côtoyé deux grands noms du cinéma français : Fernandel et Henri Verneuil.

 

 

 

 

 

 



Le 28/10/2011 à 09:20:49
Il était une fois @ par redac
Les aventures extraordinaires de Nounouille
 

TREIZIEME VOYAGE

 

Quelques semaines après notre retour du Tibet et déjà lasse de la zen attitude, Nounouille voulait connaître notre prochaine destination. Tout doux ma belle, il faut laisser souffler un peu notre vieille machine (et moi par la même occasion). Je ne sais pas si elle supportera encore beaucoup de voyages… J’ai consulté mon grand atlas et une idée un peu folle a germé dans mon esprit… En voiture Simone, euh je veux dire Nounouille, je t’emmène au Pérou au temps de l’empire Inca, bien avant que les conquistadores espagnols, animés par leur soif d’or, viennent anéantir cette civilisation… Ma belle amie m’a bien fait rire quand elle a confondu Pizarro avec un pizzaïolo (le second étant nettement plus sympathique que le premier)

 

Après notre traditionnel  Broum Broum Broum, wizzz, wizzz, wizzz, sboing sboing sboing, nous voici transportées au Machu Picchu, résidence de l’empereur Pachacutec et haut-lieu du culte du Soleil. Après la chaîne de l’Himalaya, nous débarquons sur la Cordillère des Andes. Au moins, nous aurons fait le plein d’air pur ces temps-ci… J’ai décidé de ne pas rentrer en contact avec la population, mon premier argument étant que le peuple Inca ferait bien assez tôt la connaissance de l’homme blanc et le second étant que je ne tenais pas particulièrement à être offerte en sacrifice au dieu Pachacamac (ben tiens, je voudrais bien vous y voir vous !!)

- Bon alors qui allons-nous rencontrer ? demanda Nounouille intriguée. C’est quoi la variété de vache par ici ?

- Désolée, pas de bovins dans ce pays. Mais tu vas faire la connaissance d’un animal qui rumine, même s’il n’est pas classé dans la famille des ruminants. En effet, avant le débarquement des Espagnols sur le continent sud-américain, le seul animal domestique était le lama. Utilisé comme une bête de somme, il était aussi très prisé pour sa fourrure et sa viande. En revanche, ne pouvant porter au maximum qu’une vingtaine de kilos, il ne peut pas servir de monture. Pas étonnant que les Incas furent terrifiés en voyant les étrangers juchés sur leurs grands chevaux ! Mais tiens, en voici un petit groupe dans ce champ. Tu vas pouvoir les observer plus en détail.

- Eh Brijou, leur tête me rappelle celle des dromadaires !

- Et tu as raison : Il s’agit en effet d’un camélidé. Mais le terme lama désigne plusieurs variétés : le lama blanc, le guanaco, la vigogne et l’alpaga. Tu veux t’approcher pour leur parler ?

- Euh, à vrai dire, euh… même s’ils ont de grands yeux très doux,  j’ai un peu peur de me faire cracher dessus…

- Oh ce n’est pas systématique tu sais ! Le lama crache pour sa défense, très rarement sur l’homme, plus souvent sur ses congénères. Ce crachat est constitué, dans les cas graves, de régurgitations gastriques visqueuses. Sinon cela ressemble plus à une sorte de nébulisation salivaire qu’il projette sur l’objet de sa colère. Ben quoi, qu’ai-je dit de si tordant ? Quelle est la raison d’une telle hilarité ?

- Hihi me répond Nounouille en hoquetant de rire et en s’essuyant les yeux. Imagine un instant que la Coppélia de Pelotdelaine soit un lama. Entre le crachat de l’une et le bazooka de l’autre, les râleurs deviendraient une espèce en voie de disparition à Vacheland !!

- Possible en effet ! Je vois très bien le tableau et une discussion entre elles pour savoir qui, des deux, est celle qui vise le mieux !!

- Brijou, j’ai tellement ri que j’ai le gosier tout desséché. Y a de l’eau par ici ?

- De l’eau ? Ah ça oui ma Nounouille ! Il y a le lac Titicaca (ciel, la voilà qui pouffe encore…). C’est le plus vaste lac d’Amérique du Sud (8 562 km2)  Tu pourras te vanter auprès de tes copines d’avoir bu dans le plus haut lac navigable du monde : 3 636 mètres d’altitude.

- Vertigineux tout ça ! Waouh, regarde un peu dans le ciel ce grand corbeau qui plane et là-bas ce joli petit minou tacheté !!

- Nounouille, cesse immédiatement de mâchouiller ces feuilles de coca ! Elles altèrent ton sens des proportions… Ce n’est pas un gentil minou mais un magnifique et féroce jaguar, fauve redouté dans ces contrées. Quand au corbeau, il s’agit en réalité d’un condor, un rapace charognard dont l’envergure peut atteindre 3,20 mètres.

- Ah oui, je connais cet oiseau. D’ailleurs sa femelle se nomme litière.

- Litière ? Qu’est-ce que c’est encore que ce délire ?

- Ben voui, car c’est là qu’on dort !! (la condor) Mouarffff

- C’est cela oui… moi je vois surtout que le manque d’oxygène dû à la haute altitude associé à un abus de feuilles de coca te fait complètement planer ma fille ! Allez hop, on va retourner sur le plancher des vaches avant que tu ne te prennes pour une grenouille qui saute de nénuphar en nénuphar ! Mais, que fais-tu là ?

- Ca se voit non ? J’imite le lama en colère….

- Nounouille, arrête ça de suite ! Si jamais tu oses… je te jure que je te laisse ici !!

- Tssst Brijou, tu es rabat-joie aujourd’hui ! Tu devrais essayer les feuilles de coca. Ca va te détendre…

- Non Madame, j’ai une machine à piloter moi !

 

Je passerai sous silence toutes les élucubrations de Nounouille pendant le voyage du retour et pourtant certaines sont à mourir de rire mais la décence m’interdit de les raconter ici !

 

Lorsqu’elle s’est réveillée (avec un mal de tête carabiné !), je lui ai montré les petits souvenirs que j’ai réussi à ramener de notre visite au Pérou (lesdits souvenirs ayant été discrètement subtilisés à leurs propriétaires) : une cloche en or et une statuette de lama pour elle. Pour moi, un bonnet et un poncho péruvien en laine d’alpaga pour les jours bien froids, ainsi qu’une flûte de pan (non Nounouille ce n’est pas une flûte de pain et non, je n’ai pas rapporté des feuilles de tu sais quoi !!!)

 

Décidément, ma vache est INCA ! Euh je voulais dire UN CAS !!

 

PS : Manech, c’est toi qui as piqué mon bonnet péruvien ?

 

Brijounette



Le 30/09/2011 à 08:00:19
Il était une fois @ par redac
Les aventures extraordinaires de Nounouille

DOUZIEME VOYAGE

 

 

Bonjour mes amis ! Je me demandais bien où j’allais pouvoir emmener ma Nounouille quand je me suis souvenue que, lors de notre dernier voyage en Afrique, ma complice m’avait demandé le nom de la grosse montagne au sommet enneigé. Et depuis, elle ne cesse de fredonner la chanson « les neiges du Kilimandjaro ». Les neiges ? Et bien voilà, j’ai trouvé notre nouvelle destination !

 

Mon lait et mes fromages vendus, j’avais du temps libre à consacrer à notre expédition. J’ai tiré Nounouille de son fauteuil pour la pousser joyeusement vers notre chère vieille machine. Broum Broum Broum, wizzz, wizzz, wizzz, sboing sboing sboing.

Les yeux brillant d’excitation et de curiosité, ma vache ouvre à toute volée la porte de notre engin et s’élance au-dehors d’un pas allègre quand je la vois se figer sous l’assaut d’une rafale de vent chargée de flocons.

- Mais c’est l’hiver ici ! Où m’as-tu emmenée Brijou ? dit-elle en me lançant un regard désemparé.

- Ma belle, nous voici sur le toit du monde. C’est ainsi que l’on surnomme le Tibet, pays qui se trouve en plein cœur de la chaine de l’Himalaya. Et là, plus précisément, nous sommes sur l’Everest, montagne de 8 848 mètres d’altitude. A la saison la plus chaude, la température est de -19 °C et peut descendre jusqu’à -60°C ! Les vents très violents peuvent atteindre les 285 km/h.

- Mouais, un vent à décorner les bœufs ! D’ailleurs, en parlant de bœufs, mis à part le fait que mes pattes jouent des castagnettes toutes seules et que je risque de mourir congelée dans moins d’un quart d’heure, peux-tu me dire ce que nous faisons là ? Je ne vois pas beaucoup de ruminants dans le coin.

- Oui, désolée, légère erreur de calcul, nous allons descendre sur le plateau et nous rendre à Lhassa, capitale du Tibet. Mais enfin, pourquoi me tires-tu la manche ainsi ?

- Brijou, je crois avoir aperçu une silhouette vers la gauche…me chuchote Nounouille.

- Une silhouette ? Peut-être un alpiniste… Ils sont nombreux ici à tenter l’ascension ou alors…tu as vu le yéti surnommé l’abominable homme des neiges. On raconte qu’il mesure près de 3,75 mètres mais c’est un peu comme l’Arlésienne : tout le monde en parle mais personne ne l’a jamais vu ! De toute façon, il n’y a plus rien à voir ici alors… on file !

 

Ouf, il fait nettement moins froid sur le plateau. Ici le mercure varie entre -1°C et 18°C.

- Regarde ma Nounouille, voici les membres de ta famille que je voulais te faire découvrir : les yacks. Cet animal peut atteindre 3 mètres de long et peser près d’une tonne ! Son poil est long et très épais. C'est sa protection contre le froid puisqu'il vit dans les montagnes à haute altitude et couvertes de neige. Il a des cornes recourbées qui mesurent jusqu’à un mètre. On ne trouve le yack sauvage qu'au Tibet. C’est un solide grimpeur. Le yack domestiqué, lui,  est plus petit, et comme toi, fournit viande, lait, beurre et son poil est utilisé pour faire des vêtements chauds. On s'en sert aussi pour le transport parce qu'il est très docile. Ses excréments servent d'engrais et de combustible.

- Dis-moi, je ne vois pas de prairies luxuriantes par ici ! Que mange-t-il donc ?

- Il se nourrit d’herbes et de lichens essentiellement.

- Le lichen ? J’ai voulu goûter une fois. C’est plutôt raide à avaler !  Bon, en tout cas, je leur trouve un air bien sympa avec leurs grands poils qui leur tombent devant les yeux. Ils ont l’air cool.

- Ils doivent sûrement ressentir l’ambiance spirituelle qui règne ici. Il y a de nombreux monastères avec des lamas.

- Lama ? Celui qui crache ?

- Non, non et ce n’est pas non plus le chanteur. Enfin, si, il chante mais sûrement pas les petites femmes de Pigalle !  Le lama ici est un moine vêtu d’une robe jaune safran. Leur grand chef est le dalaï-lama. Leur religion est le bouddhisme. Tiens approche-toi de ce moulin à prières et fais le tourner. Cela permet à la prière de se répandre ainsi dans les airs comme si elle était prononcée. Là, tu entends ?

- Ca serait chouette si tu en installais un dans la cour de la ferme.

- Euh tu sais Vacheland n’est pas vraiment un haut lieu de spiritualité bouddhiste !! Mais, je vais te trouver des petits drapeaux de prière que tu pourras suspendre comme une guirlande au-dessus de ta litière si tu veux. J’en profiterai pour boire une tasse de thé au beurre de yak, parce que le rhume me guette !

 

Finalement, je me demande si c’était une bonne idée de lui ramener ces petits drapeaux car, depuis notre retour, elle m’inquiète un peu. Je retrouve ma Nounouille régulièrement assise en tailleur dans la position yoga en train de psalmodier une mélopée lancinante :

Om mani padme hum… Om mani padme hum…  Om mani padme hum… Om mani padme hum…

Et là, c’est plus fort que moi : j’explose de rire. Très mécontente, elle me fait remarquer que, par ma faute, tous ses chakras sont perturbés !! Non mais, elle se prend pour la réincarnation de Bouddha ma parole !! En plus, l’encens qu’elle brûle à longueur de journée me file la migraine…

 

Zen Brijou, reste zen !! Respire profondément. Ca lui passera, comme toutes ses autres fantaisies (enfin j’espère !!)

 

En attendant, mes frères et mes sœurs, euhh, non je voulais dire mes chers lecteurs, je vous fais de gros bisous et de gros câlins. Atchoummm ! Et voilà j’ai pris froid moi… Atchoummmm !  Où sont bes bouchoirs ?

 

Brijounette

 



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