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Le 23/10/2009 à 08:13:30
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Petit à petit, elle a fait des progrès dans notre langue et c’est avec un certain plaisir que je discutais avec elle. Oh, ce n’était que des conversations qui tournaient autour des travaux de la ferme, du bétail, de la météo. Mais elle avait un enthousiasme contagieux. Elle était arrivée au début de l’hiver et quand arriva l’été suivant, elle prit l’habitude de m’apporter un panier repas dans les champs de façon à m’éviter des allers retours inutiles. Tout naturellement, nous avons partagé ces repas ensemble. Puis, au fil des jours, je me rendis compte que j’attendais avec impatience son arrivée et cette pause en tête à tête. Avais-je été aveugle jusqu’à présent ? Je la trouvais soudain très belle et très désirable. De longs cheveux noirs bouclés, des yeux myosotis et cette même  petite fossette que tu as au coin des lèvres ma fille. Elle connaissait ma solitude et quand je l’ai prise dans mes bras, elle ne m’a pas repoussé. Elle m’a ouvert de nouveaux horizons et j’ai enfin su ce qu’était l’amour, le vrai… avec un grand A. Nous avons succombé à la passion durant tout l’été. A l’automne, elle m’annonça qu’elle attendait un bébé. Je ne pouvais plus la garder à la ferme, sous les yeux de Gertrude. Je l’ai installée dans une vieille bergerie et je lui apportais à manger tous les jours. Je passais toutes les soirées d’hiver à ses côtés et contemplais avec émerveillement son ventre qui s’arrondissait. Gertrude se moquait pas mal de mes absences et continuait à idolâtrer notre garçon, lui passant tous ses caprices. Quand vint l’été suivant, Marlène, presque à son terme, ne me rejoignit pas dans les champs. Je travaillais sans relâche toute la journée puis, épuisé mais euphorique, me précipitait ensuite vers la bergerie. Un soir de juillet, je découvris Marlène qui se tordait de douleur. Elle était ainsi depuis le matin. Après des heures et des heures interminables, elle mit au monde une petite fille. Elle me murmura qu’elle m’aimait, qu’elle voulait qu’on t’appelle Gwendoline comme sa maman puis elle s’endormit pour ne plus jamais se réveiller. »

Un long silence fit suite à cet aveu. Gwendoline découvrait un aspect de son père jusqu’alors inconnu. Puis Gontran reprit son récit :

- « J’ai cru devenir fou de douleur… mais tes cris de nouveau-né m’ont ramené à la réalité. Je t’ai ramenée à la ferme et j’ai tout avoué à Gertrude, en la suppliant de t’élever comme notre fille. Sur un ton glacé, elle a accepté mais en précisant bien que tu n’aurais jamais une once d’amour de sa part et a exigé que j’en fasse de même. Pour ta survie, j’ai accepté ce marché indigne. Puis je me suis occupé des funérailles de ma douce Marlène en faisant appel à un prêtre d’un autre village pour éviter tout scandale dans notre région. Après ce drame, je n’ai plus jamais ri, ni connu le bonheur. J’évitais le plus possible de te regarder, aussi bien pour ne pas courroucer davantage Gertrude que pour me protéger de toute émotion. Je me suis consacré à assurer la prospérité de notre exploitation et je suis devenu âpre au gain. Pourtant, au fond de mon cœur, j’éprouvais une grande affection pour toi mais je ne voulais surtout pas l’admettre ».

 

Dans le prochain épisode : réconciliation et rupture….

 



Le 09/10/2009 à 07:35:54
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Pendant que Phil s’éloignait, Gontran regarda longuement sa fille, poussa un long soupir et lui adressa un timide sourire. Puis, il lui caressa les cheveux et lui murmura doucement :

- « Que tu es belle ma fille ! Tu ressembles de plus en plus à ta Maman… »

Gwendoline, très inquiète, pensa que son père divaguait. Personne ne lui avait jamais fait remarquer sa ressemblance avec Gertrude et de plus, cette dernière était loin d’être un premier prix de beauté ! Elle allait répondre à son père quand les paroles fielleuses de sa mère retentirent dans sa mémoire : Je n’aurai pas dû m’attendre à autre chose de la part d’une bâtarde !! 

- « Oh Père, je suis perdue… Expliquez-moi je vous prie. Mère m’a traitée de bâtarde …»

Blême de fureur, Gontran jeta un œil colérique en direction de sa femme qui berçait Gédéon en marmonnant une mélopée lancinante.

- « Ma petite Gwendoline, c’est une longue histoire dont je ne suis pas très fier. Ecoute-moi sans m’interrompre s’il te plaît »

Puis il prit les mains de sa fille dans les siennes pour se donner du courage et commença sa confession :

- « Je n’ai pas épousé Gertrude par amour. Je ne l’ai même pas choisie. Nos parents respectifs avaient arrangé cette union pour agrandir leurs terres. A mon époque, il n’était pas question de se rebiffer contre l’autorité parentale. J’ai obéi en fils docile et puis, pour moi, l’amour n’évoquait pas grand-chose. Je n’ai jamais observé un geste tendre entre mes parents. Je voulais moi aussi faire prospérer la ferme afin que mon père soit fier de moi. Gertrude a toujours été une femme travailleuse et dure à la tâche. Au début de notre mariage, nous cohabitions sans trop de problèmes. Elle souriait fréquemment et même si ce n’était pas de l’amour, il y avait une certaine forme de tendresse et de respect entre nous. Rapidement, elle est tombée enceinte et Gédéon est né. Et à ce moment-là, elle a changé… Gédéon est devenu son unique centre d’intérêt, son obsession. Lui seul avait droit à des égards et de l’affection. Elle m’a définitivement rejeté. Je n’ai pas été vraiment malheureux, n’ayant jamais été réellement amoureux d’elle. Je me suis donc plongé avec acharnement dans le travail. Gertrude m’aidait moins, donc j’ai engagé une domestique pour la soulager et faire la traite de nos vaches. Orpheline, elle avait fui son pays alors en guerre et cherchait du travail dans une ferme. Elle se prénommait Marlène et ne connaissait que très peu notre langue. Mais pour exécuter le travail, les quelques mots qu’elle connaissait étaient bien suffisants. Gertrude ne la supportant pas à cause de son accent, c’est toujours avec moi que Marlène communiquait.

 

Dans le prochain épisode : la belle et triste histoire d’amour de Gontran…

 

 



Le 25/09/2009 à 08:39:09
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier

Phoebus, Jean et Praline regardaient cette scène avec attendrissement. Qu’il était bon de voir leurs parents réunis et toujours aussi amoureux. Puis le côté pratique de Jean refit surface et il déclara :

- « Bon, ben moi, tous ces exercices nocturnes et ces frayeurs m’ont largement ouvert l’appétit. Je ne me sens pas capable d’attendre le lever du jour !! »

Pétunia, désormais entièrement rassurée sur le sort des siens, retrouva toute son énergie et lança à la cantonade :

- « Merci à vous tous pour votre aide si précieuse ! Vous n’allez pas rentrer chez vous avant d’avoir avalé un petit morceau. »

« Les « petits morceaux » de Pétunia étaient célèbres et tous salivaient à l’avance. Elle partit en direction de sa cuisine, suivie de Praline, Brindille et d’autres femmes. Déjà, elle établissait son menu :

- « Bon, j’ai plusieurs miches de pain, des terrines de lièvre, de faisan. Je peux faire une omelette aux fines herbes. Il me reste encore du fromage fait avec le lait de ma gentille Marguerite. Pour le dessert, nous aurons des pommes, des poires et du raisin. Et bien sûr, le cidre dont parlait Phil…plus une bonne bouteille d’eau-de-vie. »

Philibert se leva enfin, aspira goulûment une bouffée d’air frais, étira tous ses muscles endoloris et se dirigea vers la famille Gédublé séparée en deux groupes. Il se planta d’abord devant Gédéon et sans ménagement lui fila un coup de pied dans les côtes, tout en lui expliquant son geste :

- « Ce coup de pied n’est ni pour ma grange détruite, ni pour le fait que je suis passé à deux doigts de la mort. Non, ce coup de pied, espèce de chien galeux , est en paiement des cheveux massacrés de ma fille chérie et aussi pour les larmes versées par ma chère femme. Je préfère être sans le sou mais fier de mes enfants qui sont tous honnêtes et droits. Toi, tu n’es rien, tu ne vaux rien. Même mon fumier a plus de valeur que toi ! Et toi, la Gertrude, tu n’es qu’une pauvre folle. Tu peux fabriquer tous les fromages de la terre si ça te chante mais tu n’arriveras jamais à obtenir la richesse de cœur de ma merveilleuse Pétunia. »

Se sentant beaucoup mieux après cette longue tirade, Phil s’approcha de Gontran toujours veillé par Gwendoline.

- « Alors ma vieille fripouille, comment va ta jambe ? »

Gédublé ouvrit un œil et grommela :

- « Bof pas terrible ! Finalement tu es plus costaud que moi Monsieur le Comique. »

Puis Gontran tendit sa main à Phil en lui déclarant d’un ton solennel :

- « Tu m’as sauvé la vie au péril de la tienne. Merci, je ne l’oublierai pas. »

- « Taratata ! Et toi, tu as protégé ma fille au moment de l’explosion. Nous sommes quittes. »

Et devant les voisins ébahis, se déroula une scène inimaginable : les ennemis jurés se serraient la main avec beaucoup d’émotion et de gratitude.

- « Bon » déclara Philibert, « maintenant tous au casse-croûte car nous l’avons bien mérité ! Deux hommes costauds pour transporter Gontran jusque chez moi »

- « Non, pas tout de suite » l’interrompit le père Gédublé. « Je dois d’abord régler quelques problèmes familiaux… »

 

Dans le prochain épisode : on lève le voile sur de lourds secrets…

 



Le 11/09/2009 à 09:09:52
Il était une fois @ par redac
Labour, foire et fumier
 

En guise de réponse, Gédéon ricana bêtement. Aucun remord ne l’étouffait. Rien ne semblait l’atteindre, pas même la douleur physique ! En effet, il avait la moitié du visage brûlée et par endroits, sa peau se détachait. Des villageoises murmuraient entre elles :

- « Regardez-le : toute la noirceur de son âme est maintenant affichée sur sa face… Il est aussi repoussant à l’intérieur qu’à l’extérieur ! »

Sa mère, telle une tigresse, s’arracha des mains qui la retenaient et déclara :

- « Ne le touchez pas ! Moi seule sais le soigner, moi seule sais le comprendre ! »

- « T’inquiète pas la Gertrude, on va pas se battre pour s’occuper de ton précieux rejeton ! » rétorquèrent les paysans. « Mais que cela te plaise ou non, on va quand même l’attacher car il doit rendre des comptes pour tous ses actes criminels… »

L’incendie était maintenant complètement maîtrisé et la grange n’était plus qu’une carcasse fumante d’où se dégageait une odeur âcre et irritante. Les paysans donnaient des tapes dans le dos de Phoebus en lui assurant qu’ils l’aideraient à reconstruire une nouvelle grange et qu’ils donneraient tous un peu de leur paille et de leur blé pour tenir jusqu’à la nouvelle saison. Cette solidarité réconfortait Phoebus et Jean, mais pour l’instant, leur unique objet d’inquiétude était l’état de leur père. Il n’avait aucune blessure externe mais gardait les yeux fermés. Pétunia ne cessait de le caresser et de l’embrasser tendrement tout en lui murmurant des mots doux. Elle tenta de lui faire boire de l’eau fraîche. Phil se mit alors à tousser et hoqueter et grommela doucement :

- « Qui cherche à m’achever avec ce verre d’eau ? Quand je pense qu’il y a du bon cidre dans un tonneau de la cave !! »

Pétunia, stupéfaite, lui dit :

- « Phil, mon chéri, tu es enfin revenu à toi ! »

Il eut un sourire malicieux et lui susurra :

- «  Ben à la vérité, ça fait déjà un petit moment mais c’était tellement agréable de me faire dorloter par ma douce petite femme que je n’avais pas envie d’ouvrir les yeux… »

Pétunia, offusquée, poussa un cri d’indignation :

- « Quoi ? Tu allais bien et tu m’as laissée m’inquiéter pour rien !!! Sans-cœur, mari indigne, filou ! Tu vas voir comme je vais te dorloter maintenant ! Tiens je vais plutôt aller soigner le père de Dolly qui, lui, est vraiment blessé ! »

Et au moment où elle allait se lever, Phil l’attrapa dans ses bras puissants et l’embrassa très fort et très amoureusement.

- « Ma Pétunia, quand j’ai cru ma dernière heure arrivée, c’est toi que j’ai vue dans ta belle robe de mariée et ce sont tes douces paroles qui m’ont donné envie de rebrousser chemin pour te retrouver »

Cette déclaration fit fondre Pétunia et c’est avec un plaisir immense qu’elle resta blottie contre la poitrine de son cher Phil.

- « J’ai tellement eu peur de ne plus te revoir… » Puis fronçant le nez, elle se moqua gentiment : « Tu sens le cochon grillé. Tu me rappelles l’odeur d’un rôti que j’avais laissé brûlé au début de notre mariage ».

- « J’ai faim », murmura Phil. « Faim de tes petits plats merveilleux et puis j’ai aussi envie de m’enfouir sous la couette en plumes avec toi ma petite femme qui es encore plus appétissante que tes terrines ! »

- « Pour cela, il faudra d’abord que je te frictionne énergiquement pour chasser cette odeur tenace. »

 

Dans le prochain épisode : quel soulagement…

 




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